Archives de décembre, 2012

C’est pas compliqué. Prends un facteur X et mélange le à une situation Y. Situation à l’origine bien établie, hyper coordonnée, réglée comme du papier à musique… Bref, Total Perfect, quoi.  Secoue, secoue ta bouteille pleine de bulles comme un ado dans un supermarché eeeeeeeeeeeeet … !! PSSHHIITT !! Ouvre là.

Devine ce qu’il en sort?

Inexorablement, rien de bon. Du gaz, du gaz à profusion jusque là lentement accumulé et qui en un instant, s’échappe à t’en faire péter la soupape. Champignon atomique, c’est pourtant pas faute d’avoir essayé de le retenir ce pétillant, mais il a tout de même fini par s’éventer. Obligé. Résultat: le Coca sans bulle, c’est dégueu. Et moi, j’en ai léger marre de me sentir forcée en l’avalant quand même, sous couvert que c’est bon pour me stopper cette saleté d’indigestion permanente. Parce que tu sais quoi? Non seulement c’est faux, ça stoppe rien du tout – QUE DALLE, même- mais en plus, tout le sucre ingurgité à en buter un diabétique me baigne les amygdales, me décoeure jusqu’aux tréfonds des tripes, et ce soir s’en est trop. Ce soir, je me les arrache, ces foutues tripes.

Ce soir, j’ai la gerbe. J’ai la gerbe et je pense bien qu’elle ne se passera pas avant un sacré moment. L’accumulation est une pilule bien difficile à avaler. Quoi qu’il en soit, c’est décidé. Je passerai le cap du nouvel an en tête à tête avec n’importe quel bon vieux DVD bien gore et une bonne bouteille de pinard. Décompresser de cette année pourrie, seule, sans personne à tuer, la seule chose dont j’ai envie.

Pourrie, oui. Parfaitement. Et puis tiens, 2011 aussi tant qu’on y est. Deux années pour le prix de même pas une à ajouter à mon tableau du temps perdu. Temps perdu… j’ai tant perdu à essayer d’être quelqu’un de bien. Alors qu’en réalité, je ne le suis pas. J’ai pourtant tout tenté. La tempérance, la diplomatie, faire office de tampon encreur à ta grosse machine à écrire… En vain. En vérité, je suis la peste noire et virulente. Ça me transpire par tous les pores. Une bactérie mangeuse de chair, voilà ce que je suis. Une bactérie dont l’insatiable appétit ne pense qu’à te dévorer la moelle osseuse en un éclair.

J’y peux rien, je suis comme ça. J’ai fait des efforts, j’te jure. Des cures pseudo-salvatrice « Viens boire ton urine avec moi… »  Vil gourou des ténèbres, vas.. , j’ai tenté les psy, l’alcool, la drogue, le sexe, le chocolat… mais rien n’y fait. C’est irrémédiable. Est ce que je suis damnée? Probablement. Je parle toute seule, bave la nuit et déambule toujours en tortillant du croupion parce que j’ai des chansons nazes coincée dans la tête.  Bon, ça encore, c’est pas grave. Ou pas pire, du moins. Ce qui l’est en revanche, c’est que je me sois auto-pervertie à la gentillesse fut un temps. Ce qui n’a absolument pas abouti, d’ailleurs. Sinon, je t’écrirais avec des p’tits coeurs partout ❤ un peu ❤ ❤ comme ça, quoi ❤ ❤ ❤ en te parlant des papillons qui virevoltent dans ma tête dès que je pense à toi ❤ ❤ …

Mais même ça, j’en suis incapable. Impotente des sentiments, je réfute, nie et recrache toute parole intègre et tolérante que je me suis forcée à me faire boire moi même -petite maso que je suis- durant cet écart de conduite.

Je ne suis pas intègre. Je suis le fruit d’une probité falsifiée, camouflée, étouffée. Je suis la fourberie à l’état pure. Je suis une chienne. Née pour mordre la vie aussi fort qu’elle m’a dévoré le coeur le jour ou il aurait dû commencer à battre. Depuis, j’erre dans les méandres ensanglantés de cette vie obstruée et savamment enduite d’hémoglobine projetée contre les parois pour l’épaissir encore un peu plus. Intouchable. Je ne suis qu’un démon dément qui aime uniquement dans l’extrême. Border-line constant, outrancier personnage, appelle moi comme tu voudras, ce soir j’ai la haine.

Ce soir je m’éveille pour tuer de nouveau. Moi qui dormais si paisiblement, qu’as tu fais là, malheureux? Pute satanique à la lame assassine, terminé la douceur. Place à la braise. Adieu Tolérance. Adieu, sale bribe d’humanité qui me collait aux basques depuis quelques temps. Faites donc place, vous autres bons sentiments. Et toi, salope de bienséance, casse toi. Cassez-vous tous!

Faites place et laissez revenir dans cette ronde endémique tout ce qui faisait de moi  l’être abjecte qui s’est perdu dans ses propres oubliettes. Rassure toi immonde moi,  je ne t’ai pas oublié. Comme je ne t’ai pas oublié, tu sais… Pensant te préserver, je t’ai seulement égaré. Pardonne moi. Allé, viens. Fais moi plaisir, et reviens. Déchire cette putain d’âme, réappropries toi ces répugnantes catacombes, fais en de nouveau l’antre de ta folie et sois en Reine. Reine du rien, mais Reine du tiens. Ebaudis tes convives, ils ne viendront pas sans attrait. Crie à la vicissitude, ton amie. Prie à l’instabilité, soeur cachée. Joins-y la passion, amour déchu. Saoule toi de l’hydromel de l’extase. Exalte tes fantasmes. Sublime la jouissance. Entiche toi de la fureur, fais toi violence. Et fais moi vivre.

Fais moi vivre, Ô toi mon moi, comme si on allait me trancher la tête ce soir. Fais moi exploser l’adrénaline. Si je pouvais rien qu’une dernière fois vivre à m’en sortir les viscères, je le ferais sans hésitation. Si je pouvais plonger du haut de cette tour sans fin, je le ferais sans une once de réflexion. Et si je pouvais arrêter de mettre des SI partout, je ne le ferais pas. Affabulation sans morale, l’illusoire est ma nature. Le chimérique mon tempérament. Je suis instable. Aussi instable que du C-4. Je rêve d’exploser en place publique pour finir en beauté.

Car ce soir j’ai la haine. Ce soir, je ne suis plus cette Elle. Celle que tu crois. Je ne suis que moi. Ce que j’ai toujours été. Folle à lier. Et dans la liesse. Mortel parmi tant d’autres. Faillible et partial. Pragmatique, parfois trop et pourtant si lunaire à la fois.

Ce soir j’ai la haine. La haine d’être hors de moi. Et d’être moi à la fois.

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Ladies & Gentlemen et autres,
A l’occasion des fêtes de Noël, Le Nébularium  vous annonce l’ouverture de son tout nouveau magasin:
-The Lips Shop-
– – – –
Bienvenu dans la boutique de la bouche !
Nouveau drugstore à la mode en matière de fantasmes.
Vous avez un(e) pote célibataire et vous ne savez pas quoi lui offrir pour les fêtes?
Pas de panique, ici on trouve de tout.
Du glam, du hard, du sexy, du dentifrice, pour homme, pour femme et pour le reste…
Allez, allez, M’sieurs Dames! Entrez donc!
Y’a du choix, des conseils et des promos…

(N.B: frais pour le porc *GROUIC* non inclus)

**** The Lips Shop ****

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Très cher petit Pantin d’humain,

Voilà.

Si on se retrouvait pour fêter Noël, c’est ça que je t’offrirais.

Ce petit tract pour t’expliquer à quel point tes petits panards en bois marchent à côté de leurs godasses et que les grosses traces d’orteils bien crades que tu laisses sur mon joli tapis en coco me donne proprement l’envie de te faire bouffer les appendices ci-dessus mentionnés tout en t’étranglant gentiment avec tes ficelles.

Heureusement pour toi, je ne fête pas Noël.

Et je suis de bonne humeur.

Alors:

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Ne m’en veux pas, je t’aime quand même… surtout en salade avec des pignons de pins et des croûtons.

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Mais c’est quoi? Pourquoi? Comment?
Oulààà… une chose à la fois steuplé….

C’est quoi :
Bah une affiche, tu vois bien.. Et pour le reste, t’as qu’à lire la suite.

Comment :
Ben comme ça, par hasard. Quand ça te tombe sur le râble ce genre de choses, t’es jamais prévenu. Mais évitons les dithyrambes à deux balles, j’ai pas envie de me palucher en public, ça risquerait bien trop d’augmenter la fréquentation de ce navire bancal. La seule chose que je déclarerai donc ouvertement, c’est que j’aime pas les huîtres.

Pourquoi :
Parce que si ma tante en avait elle serait donc mon oncle. Mais sinon, t’as qu’à lui demandé à elle. C’est de sa faute, c’est elle qui m’a allègrement tartiné de beurre de cacahuète et décerné un prix. Perso, j’aurai bien préféré un chèque, les temps sont durs mes braves gens…  Surtout avec ces fêtes à la con.
Ceci étant, je vais pas faire non plus faire semblant de ne pas apprécier le geste de la Dame, parce que:

1-
L’Heureuse Imparfaite, elle m’est parfaitement sympathique. Et puis elle laisse toujours plein de coms sur son passage, ce qui est bien cool parce que ça manque cruellement sur ce blog…
Aucune flagornerie là d’dans, j’aime pas passer de la pommade. Mais je ne suis pas (trop) malhonnête non plus, donc quand il s’agit de passer à confesse, je fesse. Surtout les cons.
Et les gens sympas, je leur dit qu’ils le sont.
Et si t’es pas content, c’est pareil.

2-
J’avoue, qu’au début je voulais pas jouer. Mon esprit mal placé, mal tourné et détourné n’y voyant là qu’une secte adepte de l’auto-congratulation qui allait vite tourner en boucle. Et me faire chier. « Rhhhooo… tu m’a nominé…hiiiii thanks Darling,  mais je ne le mérite paaas (<= fausse modestie)… Bon, j’vais aller nominer les copains. Youpi! Mes stats ont augmenté!!! ».
Bref, les partouzes, c’est pas mon truc.
Mais à force de ruminer sur le pourquoi du comment, j’ai finalement  réalisé que non seulement mon premier constat serait faux si je choisissais des blogs inconnus (ce que j‘ai fait, donc), mais qu’en sus, il serait fort arrogant de ma part de dédaigner cette invitation à jouer parce que:
– Je ne vaut pas mieux que les autres.
– Je suis pour le partage, l’échange, le troc et la diversité (c’est beau, non?).
Alors pour être honnête, j’aime pas trop parler de moi ou me faire juge en matière d’écrits. Mais ne serait-ce pas là une piètre menterie de ma part que celle de dire que je trouve tous les blogs merveilleux et fantastiques et que plus y’a du Mickey dedans, plus j‘adore.
Game over.
Faut pas déconner, MOI et MON EGO sur dimensionné aimons les blogs pertinents (donc, pas les blogs de cuisine déjà), truculents, adjacents, et tous les adjectifs en -ent… dans lesquels les bloggeurs ne sont que des humains. Pas des Dieux.
Je suis athée, je compte bien le rester. Et ne déifier personne. Never.
J’ai aussi une nette préférence pour les blogs tenus par des hommes.
Je sais, c’est cruel envers l’espèce féminine, mais j’avoue bien volontiers que les histoires de couches sales et de coucheries pas très propres non plus me laisse parfaitement de marbre. Et puis les hommes n’ont pas cette saloperie de retenue féminine appliquée en permanence au bout de leurs doigts  pour pas se niquer le vernis en tapant des mots dégueux.
A part ça, j’ai encore tout un tas d’autres bonnes vieilles raisons toutes nazes, mais j’ai aussi encore plein de d’autres trucs à écrire, alors la suite.

Parlons un peu de ces  « Versatiles Bloggueurs Award ».

Quoi?? Tu connais pas? Alors écoute bien, c’est pas compliqué.
Mais avant tout, sache que si tu trouves sur cette page parce que  – Ô Surprise –  dans ta boîte mail y’avait un p’tit mot doux de ma part, c’est que tu es à ton tour nominé (oui tu peux exulter si tu veux, je m‘en fous). Et que tu vas devoir jouer à présent et -SI- tu joues. Je me suis pas fais chier à t‘écrire pour que tu batch cette page sous prétexte que « tu es trop bien pour ça ».
Parce que je te rassure, tu ne l’es pas. Alors dégonfle un peu du cigare et lis moi bien ces règles pendant que je t’explique comment ça passe donc.

First:
Parmi tout le tas de blogs que tu visionnes quotidiennement le matin en buvant tes pantoufles, ton café au pied; t’en choisi 15 que tu kiffes à mort, ou pas. Puis, sur une belle page vide comme celle-ci avant que je la pourrisse avec plein de mots, tu y apposes et avec une délicatesse sans égale les noms de tes nominés. En prenant bien évidemment soin de caché les liens dans les noms.
Sinon, c’est moche.
Pense aussi à bien apposer sur ta page désormais souillée, le joli petit logo qui indique que tu t’es fait gratifier de ce prix exceptionnel (et que tu m‘en veux à mort). Enfin, fais bien attention à réécrire ces règles. Sinon, personne comprendra rien et tu passeras pour un con vaniteux.
Mais c’est toi qui vois.

Dans un second temps et dans la liesse:
Tu informes à ton tour tes nominés par mail, commentaires, tams-tams interposés, bref.. démerde toi… que justement, tu les as nominé. Et qu’une fois qu’ils t’auront grassement remercié pour ton geste (ou envoyé chier. A l‘initiative de chacun), ils devront à leur tour et sur une belle page vide comme la tienne avant que tu la pourrisses avec plein de mots… nominer, etc, etc…

Et là tu te dis « Ouf, c’est fini ».
Et ben non.
Parce que pour finir, tu vas te casser la tête et écrire 7, oui, j’ai bien dit SEPT choses sur toi. Et si c’est indiscret, c’est encore mieux.

Voilà, cette fois, c’est terminé. Vas bosser.
Moi pendant ce temps là, je vais confier mes p’tits secrets.
A la revoyure.

1
J’ai toujours rêvé d’être une sorte de compromis parfait entre un homme et une femme. Le truc version Ranma ½ , qui se transforme dès qu’on lui jette un seau d’eau sur la gueule. Pourquoi? Parce qu’il y a des avantages indéniables des deux côtés et que j’aime pas les inconvénients. En général, les inconvénients, je leurs saute dessus à pieds joints.

2
Les parois en titane d’oxyde de carbone du labo étant irrémédiablement hermétiques aux ondes de l‘internet, je me bats depuis deux mois avec les agents du chaos ( France télécom + fournisseur Internet) pour reboucher cette fissure numérique.
HOME RUN => Ce combat à pris fin il y a deux jours, I’m a Winner. Fuck OFF.

3
Je ne fêterai pas Noël pour des raisons purement pas religieuses et je vais me faire chier pour le jour de l’An parce que je fais ma B.A de l‘Année. Donc, si toi aussi, t’es seul/e, contacte moi. On se fera des câlins et des bisous virtuels à 0h00.

4
Dans la vraie vie, j’ai un grand appart mal chauffé, mais classe. Avec véranda entièrement fermée, salle de  bain garnie d’une baignoire intégrée, immense WC séparé, 1 chambre + une autre pièce qui me sert à rien d‘atelier, un grand salon, une grande cuisine, de grands placards, un seul voisin (sympa en plus), très peu de trafic puisque je vis dans un p’tit village, la rivière et la montagne juste en face de ma fenêtre… Bref, 80m² pour 308E C.C.
Alors, t’as les boules?

5
J’ai mangé des nouilles chinoises, hier. J’ai mangé des nouilles chinoises ce midi. Et je remangerais probablement des nouilles chinoises ce soir. En clair, j’ai plus de gaz pour ma plaque de cuisson. Et je m’en fout.

6
J’aime qu’on me foute une paix royale le matin. J’ai en horreur tous ces gens qui n’ont pas la présence d’esprit de te laisser émerger tranquillement de ce moment si vague ou t‘as encore le cerveau confortablement raccroché à l‘oreiller. On a tous (eu) quelqu’un comme ça dans notre vie. Un quelqu’un qui t’explose la tronche en allumant TOUTES les lumières dès le réveil. Quelqu’un qui va te raconter -et en détail, steuplé- comment hier, il ou elle est resté(e) coincé dans les embouteillages parce qu’en fait le gars devant il avançait pas parce qu’y mangeait un sandwich thon-poulet-chorizo et qu’en plus non mais tu te rends compte à quel prix sont les sandwichs de nos jours et….e…… ET TA GUEULE!
Bref, je suis plus ou moins responsable d’un sacré paquet de tentatives d’homicides volontaires.
Surtout quand y reste même plus de café quand j’me lève, alors là => j’te casse la tête sans préavis. (A ce sujet, je précise que la senséo, c’est pas du café. C‘est de la merde).

7
J’ai l’imagination d’un môme de 5 ans. Tu me donnes un cailloux, je joue deux heures avec.
J’ai  pour avis celui du schtroumph grognon. J’aime rien ni personne.
J’ai le tee-shirt de Superman. En pourparler avec Batman pour qu’il me file le sien.
J’ai une xbox 360. Je suis une sale geek.
J’ai des cheveux bruns. Et tout le monde s‘en tape.
J’ai de beaux yeux. Et c’est tout.
J’ai envie de partir un week-end à Londres. Mais c’est cher, alors je reste dans mon grand appart mal chauffé , mais classe, avec véranda entièrement fermée…

Evidemment, des p’tits secrets j’en ai des tas. Et l’Etat c’est moi (<= transition pourrie).
En attendant, après épluchage sévère de banane et délibération injuste comme précisé dans le préambule part 2- :
ci-dessous, la liste des nouveaux Versatiles Bloggeurs Award.
Allez-y, détestez moi, c’est gratuit.

Micapela

Le Rom1 Libéré

La quadrature du Cercle

Jean Fabien, Auteur sans succès

Axel Evigiran

Le CABINET des CURIOSITES, des  ETRANGETES et des SINGULARITES de ERIC POINDRON.

Vas te faire Shampouiner

Un primate sans cravate

Visioweb

Savoir se taire

… Ouais, je sais. Ca ne fait que dix.
Mais j’adore tricher.
Ne me pardonnez pas.

La force était avec nous hier. La preuve, on est encore (à peu près) tous là.

Et je dois dire que ça me contrarie un peu ct’affaire quand même, parce que j’avais volontairement omis de poster mon loyer pour tout claquer avant d’y passer.

Résultat:
j’suis fauché et en vie.
Week-end de merde.

Mais comme c’est Samedi et que c’est déjà une excellente raison en soi… bon en fait non, mais j’aime pas passer des plombes à me justifier inutilement.
Alors bref, c’est samedi.
Et le Samedi, c’est coucherie.

*EXIT*

Get up

Publié: 20/12/2012 dans Électrokocaïne
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Les Festivités étant (enfin) terminées -et nan… la galette des Rois, ça compte pas-, voici venu le temps de se relever de cette terrible année finit à genoux et sous le tonneau pour  foncer tout de go, le coeur en joie et le vent en poupe dans la nouvelle qui débute.

Attention tout de même à ne pas trop foncer tête baissée.
Prendre un mur ça peut faire mal.

Get Up – Chinese Man

Indi Groove – Chinese Man

 

…  je me casse toujours  la gueule à force de frétiller comme une truite dans la douche.

Bref, ceci est un conseil: Mesdames et Messieurs, ne procédez à cette écoute que si vous en êtes au rinçage.

Je suis mort. N’y voyez aucun inconvénient.
Je suis mort il y a déjà de cela quelques années. Disparu, envolé, cramé, asphyxié, the end. Dead, dead, dead et re-dead. C’est ainsi. C’est la vie.

Mais n’ayez pas peur. Je ne suis pas effrayé moi. Enfin, je ne le suis plus.
Parce qu’il faut savoir que le passage le plus délicat n’est pas celui de l’acte en lui-même. Le plus délicat, c’est d’adopter le postulat adéquat. Et de s’y tenir, vaille que vaille. Comme je suis un être complexe, j’ai choisi de me torturer un minima. Tant qu‘à faire, autant faire bien.
Mais ce n’est pas chose aisée, croyez-moi. Et il va sans dire que je ne recommande pas cette méthode. Ni aux fragiles, ni aux frêles. Encore moins aux précieux douillets. Trop peu n’y survivraient pas. La privation d’exister comme je l’ai choisi ne s’accorde qu‘aux plus vaillants déficients. Comme moi.

Bref, parlons plutôt de ma fin. J’étais un corps sain accouplé à un esprit qui croyait l’être. Jusqu’au jour ou nous nous sommes aperçu qu’en réalité, nous étions bien frappés. Autant l’un que l’autre. C’est d’ailleurs ainsi que de concert, et pour des raisons aussi diverses qu‘avariées, nous avons choisi de nous supprimer. Insidieusement, patiemment et proprement.
Pour cela, nous avons simplement cessé de nous sustenter. Plus aucune nourriture. Ni spirituelle, ni réelle. Rien. Terminé. Basta.
Placards vidés, cerveau grillé, nous avons basculé. C’est fou ce que ça va vite. Les habitudes que l’on perd. Les envies que l’on ne reconnait plus. Les sensations disparaissent et les neurones s’affaiblissent. Court circuit, passage obligé.
Plus je me ratatinai, plus mon ami l’esprit s’élevait en dehors de toute réalité. Si légers que nous étions! Et plus le temps passait, plus notre apparence nous abandonnait, notre existence se compromettant fortement. Nous ne formions plus qu’une ombre funeste de nous-même. Objectif atteint, y étions presque. Enfin la fin.

C’est arrivé une nuit dans notre sommeil. Mon ami l’esprit malade a rêvé. Rêvé à en crever. Si réel, si palpable, si intense… Dans ce rêve, allongés sur un lit, lui et moi ne formions plus qu’un. Plus qu’une pauvre femme dont la maigreur avait atteint depuis longtemps les limites de l’insoutenable. A l’agonie, nue sur son lit. Non loin, un miroir. Démentielle psyché aux reflets opaques, ternes et morts. Personne, rien ne filtrait plus à travers lui. Aucun renvoi. Rien de rien.
Jusqu’à ce que cette amoindrie se lève et s’approche enfin pour se voir. Décharnée, dépecée de toutes pièces, et salement mourante. Désossée comme un vulgaire morceau de viande, ses côtes tombant peu à peu. Horreur. Nausées. Et hurlements.
C’est là. C’est à ce moment précis que je me suis senti partir. Au moment où l’esprit n’a plus vu dans son cauchemar qu’un squelette aux lambeaux de peaux gisant de part en part de la pièce. Enfin, l’insoutenable prenait faim. J’ai cessé de battre, l’esprit a cessé de rêver. Dans un cri, dans un terrible cri nous sommes partis, déchirés à jamais.

C’était fini. Nous avions définitivement cessé d’être.
Mais chose étrange, alors que nous planions encore comme un seul et même spectre au-dessus de notre dépouille, celle-ci a bougé. Ouvert les yeux, hurlé à la mort et éclaté en un million de sanglots ruisselants.
Puis, s’est péniblement levée, a enfilé ses chaussons et s’est dirigée tant bien que mal vers l’entrée. Pris son manteau, claqué la porte et a descendu les étages quatre à quatre.

Saint Denis.
Il était 4h47 ce matin là. J‘ai mangé une chorba.

Aucune morale, seule la faim compte.

« Qu’on m’empale celui qu’y a des piercings, là!! Quoi? Comment ça « c’est pas très chrétien » ?? Rien à foutre moi, d’vos conneries… Oh, et puis brûlez moi un ou deux roux qui traînent là, aussi… C’est vrai quoi, c’est pas la fête tous les jours.»

C’est vrai. C’est pas tous les jours la fête. Et cette année, on fêtera peut être même pas la bonne année, .
Non mais parce qu’avant de pouvoir se lécher confortablement la poire sous une boule de gui en plastoc de chine, faudra quand même  -juste- survivre à la fin du Monde, heeiiin… FAILING SYSTEM.
MAIS -Histoire d’être optimiste 2 minutes- admettons que l’apocalypse annoncée ne soit en fait qu’une sacrée bonne boutade de vieux Mayas décédés « OooOoh… It’s Joke? Realy? Ha ha ha! It was so funny… *FUCKING SMILE* … I Hate you. » , parlons un peu de ce qui se passera si on arrive jusqu’aux fêtes de Noël.
Déjà, faisons un point. Qu’es aco Noël?
Ne bougez pas mes chers petits, je vais vous compter l’histoire… et:

Once upon a time un couple joyeux qui vivait au milieu de pas grand chose.
Marie, femme au foyer et invétérée clubbeuse s‘échappait régulièrement le soir pour aller groover sur la piste du Nazareth‘Palace (célèbre boîte de nuit en ce temps) pendant que Joseph, mari ultra-conservateur et partisan de l’abstinence même post-mariage (Oooh le con…), s’occupait de ses bêtes.
Malheureusement et comme dans chaque conte il faut un élément perturbateur pour foutre les miquettes et révéler l’intrigue, Marie finit par se faire dûment violée sous GHB lors d‘une de ses escapades (normal, elle avait mis sa jupe de tepu). Bien sur, elle tomba enceinte (plouf) et il fallut peu de temps à Joseph pour s’apercevoir que sous sa toge, Marie portait le fruit de son erreur qu’elle payait le prix fort. Désabusé, il voulut divorcer pour ne pas subir les railleries alentours quant au comportement parfaitement volage de sa moitié. Mais, Marie qui était une sacrée p’tite futée, détourna son gros ventre en signe divin et réussit à faire passer sa vessie pour une lanterne. Expliquant à son époux que c‘était la faute de Gabriel, ange à temps plein, si elle se retrouvait dans cet état pitoyable. Plan qui fonctionna à merveilles puisque Joseph (crétin confirmé) la cru.
Pour oublier leur engueulade, il lui proposa d’aller faire un tour à Bethléem et de manger un bout dans un p’tit resto sympa. Seulement voilà, c’est la que ça se corse. Excès d’apéros, repas au gros rouge, digestion au génépi, Joseph n’était plus en état de conduire décemment sa charrette. Le mari éméché décida donc de se faire péter un hôtel pour la nuit et de repartir le lendemain. Marie était comblée. Mais, vas savoir pourquoi, les hôtels étaient tous bondés (comme par hasard…). Ils marchèrent, ils marchèrent…. Jusqu’à ce que, Joseph, les paupières lourdes et l’haleine empreinte d’émanations toxiques, ne pu avancer d’avantage. S’écroulant sans plus attendre sur une botte de foin non loin d’une étable. Ronflant tout son sou qu’il n’avait pas dépensé dans la chambre d’hôtel. C’est alors que Marie commença à se sentir mal. « Les crevettes n’étaient pas fraîches » pensa-t-elle. Des gargouillis, un mal de bide incroyable et une envie de gerber comme jamais, elle se jeta sur son sac et fouilla « Flûte! Plus d’Imodium… ». Ce qu’elle ne savait pas en réalité, c’est qu’elle était sur le point d’accoucher. Dans une étable pourrie, accompagnée d’un mari beurré. Vive la soirée.
Comme prévu, elle mis donc  bas un 25 Décembre à 0h12 (selon datation carbone).
Mais le pire restait à venir. Non loin de là, un boys band dans le vent, les « Rio’s Megas » (que les évangiles travestirent par la suite en « Rois Mages » – beaucoup plus révérencieux) rentraient eux aussi d’une soirée bien arrosée. Les bitchs avaient coulé à flot, le sky ingurgité en perf et la Marie Jeanne fumée jusqu’à la moquette (oui je sais, ça veut rien dire..). Bref.

Ne manquaient plus que quelques substances psychotropes à ajouter pour finir la soirée sur un bon trip. Et là: patatra. Game Over, gros spleen, chute sévère et descente aux enfers. Dans leurs délires, notre trio de stars cru apercevoir un énorme astéroïde s’apprêtant à dévaster l’Univers tout entier.
Fortement hallucinés et parfaitement résignés à l’idée de trépasser en haut du top 50, ils décidèrent d’assister à cette fin du monde en suivant l‘astre au plus près. C’est comme ça que sans GPS, ils traversèrent une bonne partie de l’Orient, découvrir l’Amérique, firent trois fois le tour du Louvre à cloche pieds et arrivèrent complètement défoncés dans l’étable où Marie venait d‘enfanter le premier humain suffisamment con pour finir empalé volontaire à 30 ans.
C’est sur ce quiproquo que la Nativité pris tout le sens qu’elle n’a pas.
(Pour ceux que la suite intéresse, bientôt un best-seller à paraître: « la vie cachée de Jésus, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander. » )

Depuis, chaque 25 Décembre, on célèbre cet évènement et c’est la méga teuf générale sur une grande partie du globe.
Enfin, pour tous ceux qui ont de quoi acheter des cadeaux. Les autres, ça compte pas.
Business, business.
Ne comptent pas en sus des pauvres, les incroyants, les croyants mais pas à ça, les rebelles végétariens anti-zigouille de dinde et nos amis de Green-Peace, qui veulent pas qu‘on tronçonne des sapins pour les afficher deux jours près du radiateur avent de les jeter à la benne. Pas sympas les gars, ça… qu’est-ce qu’on va décorer nous, maintenant??

Pour résumer, Noël est une secte dont les prétendants doivent impérativement:
1- Claquer un max de blé en un temps record (Rrrhoo.. Si on peut même plus se faire plaisir, hein…),
2 – N’avoir rien d’autre foutre ce jour là (mais laisser quand même la télé allumée au cas ou on se fasse chier pendant le repas en famille…),
3 – Connaître des chansons comme « Jésus revient, Jé.. éésus revient.. ! Jésus revient mais pas trop viiiite… » ,
4 – N’éprouver aucune honte à becter de la barbak à plumes. Et pour les mômes: des poussins compressés, également surnommés « Nuggets » (moins démoniaque)  ,
5 – Posséder un sapin, plante verte, chien… décoré outrageusement et avec tout le mauvais goût possible et inimaginable. Sinon, c’est pas drôle. (Au pire tu mets un bonnet rouge, ça passe aussi. Mais QUE si y clignote.)
Voilà donc les cinq points fondamentaux pour espérer adhérer au truc. Sans quoi tu sors => * EXIT* <= Merci d’emprunter la sortie la plus proche.

Et pour ajouter une dernière touche de youpidou à la magie de Noël, faut bien penser à préparer psychologiquement les p’tits n’enfants tout le reste de l‘année. En leurs expliquant que quelque part entre Roswell et le Pôle Nord, y’a p’tit gros tout rouge, armé d’autant de rennes que de patience, qui poireaute les miches au froid en buvant du Coca light avec une tripotée d’ours polaire… (enfin, les deux qui restent), tout ça  pour apporter dans la nuit du 24 Décembre, tous pleins de beaux cadeaux fabriqués par des nains de jardin sapés du plus moche des verts.
Ah, comme c’est miiiignon!
Bien évidemment, on passe sous silence et pour le plus grand bien de nos chérubins le fait que les p’tits lutins qui travaillent dans la grande usine du Père Noël; en plus de se peler leurs grandes oreilles; bossent avec acharnement H24 dans une cadence infernale. Le tout sans jamais parler de RTT ni de la retraite qu‘ils ne connaîtront pas puisque trop occupés à combler les attentes frénétiques et perpétuelles de la planète.
Quoi qu’il en soit et vue l’explosion consumériste de ces dernières décennies, nos p’tits potes en vert se trouvent fréquemment débordés. Donc, dans l’obligation de sous-traiter avec MadInTaïwan (nouveau pays émergeant), de déléguer à Samsung (ex-divinité Indoue) et de faire livrer par Zalando (frère de Flash Gordon).

Toujours plus vite, toujours plus beaux, toujours plus gros… toujours PLUS.
Nos exigences augmentent, explosent et sont sans appel. Nous devons avoir ce que nous avons ardemment désiré (2 minutes). A n’importe quel prix. Et dans n’importe quelle condition.
Tandis que nos p’tits larbins de lutins se ratatinent pour nous satisfaire aussi vite que le budget qui leur est imparti, décroit.

Ben moi j’trouve ça bien dommage parce qu’il y a de cela encore pas si longtemps, Noël, quand on était  gamin, c’était juste la fête la plus merveilleuse du Monde. On crampait tous sur le canapé en attendant le Vieux Barbu en mode furtif, histoire de lui taper la causette et vérifier s’il allait manger les cookies périmés qu‘on lui laissait près du sapin.
Quand on ouvrait nos cadeaux, c’était la surprise. Et on aimait ça les surprises. Sauf quand mémé Renée s’était plantée en offrant le dernier CD de Franck Mickaël alors qu’on avait demandé Mickaël Jackson…
Mais bon, à la rigueur on s’en fout, ça fait de bons souvenirs. Et c’est peut être juste ça qui est important au final. Des souvenirs.
Baffrer des papillotes à s’en faire exploser la rate, et pour celles qui avaient des pétards, les tympans. Puer la clémentine (qui curieusement avait des pépins en ce temps…) à trois kilomètres à la ronde, etc. Le bon temps, quoi. Aujourd’hui, les papillotes, c’est pour les yeuvs (vieux des temps modernes). Nouvelle forme d’obsolescence programmée, Ferrero a pris le contrôle. Kinder aussi. Ce qui en revient même de toutes façons. On mange des kinders bueno white (pour rappeler la neige, sans doute), des rochers Suchard (désolé, trouve pas le rapport), on boit du champagne vert et insipide que comme il s‘appelle « Ruinart » et qu’il nous a bien ruiné on fait semblant qu’il est bon, du foie gras ne reste que les OGM et les huîtres ne recèlent plus aucunes autres perles que celles des morceaux de goudron rejetés par paquebot express.
Y’a pas à dire, c’est vraiment chouette Noël aujourd’hui.
Durant les préparatifs, on se prend pour des ricains. Toujours plus de déco, toujours plus d’électricité, toujours plus d’argent qui file à toute allure direct dans les poches des manias de la manipulation. Parait qu’on a toujours eu dix ans de retard sur les Etats-Unis. Pas en ce qui concerne la connerie, visiblement.
On campe devant la Fnac en attendant la sortie de la dernière playstation 6200-S, la dernière Wi-U(uuuh..T’as vu chérie le prix qu’ça coûte..) que même les SDF du canal Saint Martin y s’foutent bien de notre gueule tellement nos tentes elles sont moches. On se fait livrer par Amazon, rue des Temps Modernes 69 666 TAYLORISMAVENUE. On fait des prêts, des crédits à taux 10 000 pour offrir la dernière Nespresso (normal, y’a Georges Clooney dedans) et on s’habille comme des nababs, histoire de ne pas ressembler à rien une fois par an.

Tout ça pour quoi au final? Revendre le maaaagnifique et hors de prix robot de cuisine High-teck-de-la-mort-qui-tue que belle maman s’est fait chier à commander sur Darty.fr. Faire tomber le nouveau portable dans les chiottes parce qu’il était dans la poche arrière du slim taille basse acheté sur razlatouffe.com avec les sous de papa… Noël. Laisser moisir dans un coin le pull vert lutin que tante Marie-Jeanne a tricoter avec la moquette (elle aussi) au profit du sweat Lacoste que tonton Louis à rapporter de Bangkok. Ou bien encore, on pleurniche que Madame ait reçu la voiture, la maison, la moitié des biens et la garde des mômes. Salope…
Finalement, pas de quoi se plaindre. On est tous comblé.

Mais c‘est quand même marrant parce que l’anagramme de CADEAU, c’est AUDACE.
Tout ce qu’on oublie d’apporter pendant les fêtes.
Normal, ça s’achète pas…

… encore.

On verra l’année prochaine.
Ah bah non, on sera tous morts.

Et bonne année.

Panic Station

Publié: 08/12/2012 dans Pendemonium
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Il y a cette voix. Omniprésente. Etrangement lointaine, intimement proche. Probante inconnue reconnue de nulle part. Efficiente omniscience officiant au centre de cette jungle glauque, désertiquement bondée et fatalement éprouvante. Comme à cette heure, c’est la panique dans la station.
Les odeurs fluctuantes se mêlent à l’amertume vespérale d’une journée encore excessivement remplie. Paris,19h, un Lundi. La foule, agrégat de substances humaines diverses et furieusement variées, se meut en un raz de marée prompt à dévaster tout fossile mal avisé de l‘affronter. Spectaculairement effrayant. Etrangement paniquant et excitant à la fois. Le métro, lieu désespérément propice à toutes sortes d’errances fantasmagoriques où l’excavation d’ondes négatives dégagées se répercutent en moi telle une vision merveilleusement désaccordée. Teintant les parois. Sépia.

Il passe. Furtivement, hâtivement, il passe. Vite, trop. Pas le temps de voir son visage. Tant mieux.  Seulement sa tournure, son allure, son dos. Plaisant, vraiment très attirant. Mais déjà, il s’éloigne. Tout va si vite ici. Ne reste que son essence. Etourdissante, délicate, suave. Mes sens ont défailli au passage de cette capiteuse émanation poivrée. Et le trop peu de molécules encore en suspension dans l’air  me grisent instantanément malgré ce froid hivernal.
Je suis résolument ivre d‘un idéal olfactif.

Fantaisie. Occulte fantaisie. S’enticher d’une allure, d’un parfum sans visage, n’est-ce pas insidieux? Peu importe. Il s’est arrêté, là, sur le quai. Sensuelle contenance, galbe galvanisant, électrise-moi tant que tu veux. Je te vois. Je ne te lâcherai pas du regard, crois-moi. Malgré la distance, malgré la foule, je t’ai dans le viseur. C’est foutu. Non, ne te retourne pas. Laisse moi te voir à l’envers. T’imaginer dans le noir. Aspirer à mes obsessionnelles divagations. Si j’avais un cœur, il battrait à en crever. Si j’avais une âme, je la vendrais sans hésiter pour ne ressentir rien qu’une fois celle qui t‘anime. Mais je suis trop loin. Bien trop loin. Rapproche-toi. Non finalement, ne bouge pas. C’est moi qui viens. Ton odeur me manque. J’ai besoin d’un shoot.
Environ six mètres. Bonne distance. Ni trop loin, ni pas assez.
Des frissons dans le dos m’envahissent. Je tressaille. J’ai l’impression d’être un voyeur tapis dans ton ombre. Violer ton intimité, détailler tous tes gestes. C’est exaltant. Malhonnête et impardonnable. Mais pour ce crime, je veux bien être damnée cent fois.

Une femme t’aborde. Tu baisses la tête, découvre ton bras de la veste qu’élégamment tu portes pour regarder ta montre. Tu as de longues mains. Instinctivement ton regard se relève. Tu la regardes. « … 19h17 … ». Je l’ai entendu. Ta voix. Ni trop grave, ni trop aigüe. Assurée sans être arrogante. Regorgeant d’émotions. Délicieusement pénétrante. J’en veux plus. Désormais, j’en veux plus. Donne m’en d’avantage s’il te plaît.
Le métro approche. J’ai peur de te perdre au milieu de cette infinitude de gens. Je me rapproche encore un peu. Plus près, encore plus près. J’ai le palpitant qui panique. Je vais exploser.
Mais qu’est-ce que je fais? Sans te connaitre, je te suis déjà à la trace. Comme un chasseur dont la proie n’est autre que sa propre folie. C’est donc ça, je suis folle. Abusivement déséquilibrée. Tu m’as rendu dingue. Pourquoi? Comment?
Et puis, ça m’est égal. Du moment que je profite de ce magnifique cataclysme émotionnel.

Les portes s’ouvrent, tu t’écartes pour laisser descendre cet agglomérat de citadins compressés . Je ne te vois plus. Mais où es-tu? Non, ne me laisse pas seule au milieu de tout ce monde. J’ai peur. Diligemment, je m’avance  pour passer les portes. Mes pas sont grands, et le rythme prompt. Passer les portes, monter, te trouver. Je n’ai plus que cette idée en tête.

C’est la cohue dans le wagon. Mais je suis sûre que tu es là. Quelque part. Assis ou caché. Quelque part. Pourquoi je ne te vois pas? Je te sens pourtant. Tu n’es pas loin, je le sais. Accrochée à la barre centrale, j’ai l’air d’un sonar en perdition. Scannant chaque visage, décortiquant chaque corps, consumant chaque silhouette qui n’est pas toi. En vain. Me serais-je trompée? Ma précipitation à te croire monté à bord m’aurait perdue de toi? Impossible, je te sens. « … Pardon… » . Catalyseur. Soudain, je reconnais ta voix. Proche. Trop. Je détourne furtivement le tête, tu es là. Accolé à moi. A mon dos. J’ai reconnue ta main. Toi aussi tu tiens cette foutue barre. Juste là, derrière moi. Je te sens enfin. Tendrement contre moi. Je me sens rassurée.
Cette occurrence ne peut que me conforter à croire qu’il n’y a pas de hasard. Fermant les yeux, je profite de cet instant pour imaginer que tu m’enlaces, bien à l’abris contre ton torse, bien au chaud entre tes bras. Je suis bien.
Le métro stoppe. Brutalement les portes s’ouvrent une nouvelles fois. C’est de nouveau la panique. Un va et vient en tous sens. Inopportun. Je me retourne, tu n’es plus là. Je bondis alors hors du wagon, espérant te retrouver sur le quai. Je suis encore empreinte de cette accolade. Perdue, je ne sais plus où chercher. Trafic dense, excès d’affluence, cette fois tu t’es échappé. Le métro repart. Seuls quelques ombres fantomatiques errent à présent sur le quai. Comme moi.

Sépulcral moment. Je ne sais même pas à quel arrêt je me trouve. Et de toutes façons, je m’en fous. J’aurais pu me perdre encore d’avantage pour profiter de toi. « Reviens à la raison et rentre à la maison.. » songe-je, alors. « Plus que ça à faire maintenant… » . L’air hagard, le front bas, je me dirige en direction de la première sortie possible. Nouvel objectif. Partir, rentrer, oublier. Je marche de nouveau perdue dans ma tête. Je n’aurai pas vu ton visage, tes traits. Ton expression. « Tu n’es qu’une idiote. Mais qu’est-ce qui t’as pris? Et qu‘est-ce que tu croyais? Pourquoi ne pas l’avoir abordé…?». Désormais, c’est une certitude, ne plus jamais laisser passer une occasion. Ne plus jamais laisser s’envoler une si douce utopie. Quitte à me faire jeter. Pour accéder, il faut s’hasarder. S’éprouver, se risquer. Mais essayer. Tout débute par un commencement. Et tout commencement peut être provoqué lorsqu’on le désir. Et je désire. Je ne fais que ça, désirer. Et lui, je le désirai, oh oui. Fatale courtisane de l’inconcevable, croqueuse d’idéal, je ne suis plus à présent qu’une fantasque sotte aliénée à un parangon qui s’est évaporé en un éclair.
Furieuse après moi, je traîne les pieds, baisse encore un peu plus la tête. Je ne suis pas pressée de rentrer.

L’escalator n’est plus très loin. La sortie non plus. Maudit sois-tu, foutue sortie. J’arrive. J’arrive.
Une voix m’interpelle. Une voix que je connais. Ou plutôt que je reconnais « … Tenez. Vous avez fait tomber vos gants, Mademoiselle… » . Une belle voix. Ni trop grave, ni trop aigüe. Assurée sans être arrogante. Regorgeant d’émotions. Délicieusement pénétrante. Associée à de longues mains tenant mes gants. Je lève les yeux. Une sensuelle contenance, un galbe galvanisant m’électrisant tout autant que cette capiteuse émanation poivrée.
Ton visage. Ton sourire. Mon effarement. « .. Mademoiselle … vous allez bien? »
« Jamais mieux que maintenant… »
« Je peux vous accompagne à la sortie ? »
Et le trop peu de molécules encore en suspension dans l’air  me grisent instantanément malgré ce froid hivernal.
Je suis résolument ivre de mes rêves les plus fous.

Pourvu que tu y sois aussi.