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C’est pas compliqué. Prends un facteur X et mélange le à une situation Y. Situation à l’origine bien établie, hyper coordonnée, réglée comme du papier à musique… Bref, Total Perfect, quoi.  Secoue, secoue ta bouteille pleine de bulles comme un ado dans un supermarché eeeeeeeeeeeeet … !! PSSHHIITT !! Ouvre là.

Devine ce qu’il en sort?

Inexorablement, rien de bon. Du gaz, du gaz à profusion jusque là lentement accumulé et qui en un instant, s’échappe à t’en faire péter la soupape. Champignon atomique, c’est pourtant pas faute d’avoir essayé de le retenir ce pétillant, mais il a tout de même fini par s’éventer. Obligé. Résultat: le Coca sans bulle, c’est dégueu. Et moi, j’en ai léger marre de me sentir forcée en l’avalant quand même, sous couvert que c’est bon pour me stopper cette saleté d’indigestion permanente. Parce que tu sais quoi? Non seulement c’est faux, ça stoppe rien du tout – QUE DALLE, même- mais en plus, tout le sucre ingurgité à en buter un diabétique me baigne les amygdales, me décoeure jusqu’aux tréfonds des tripes, et ce soir s’en est trop. Ce soir, je me les arrache, ces foutues tripes.

Ce soir, j’ai la gerbe. J’ai la gerbe et je pense bien qu’elle ne se passera pas avant un sacré moment. L’accumulation est une pilule bien difficile à avaler. Quoi qu’il en soit, c’est décidé. Je passerai le cap du nouvel an en tête à tête avec n’importe quel bon vieux DVD bien gore et une bonne bouteille de pinard. Décompresser de cette année pourrie, seule, sans personne à tuer, la seule chose dont j’ai envie.

Pourrie, oui. Parfaitement. Et puis tiens, 2011 aussi tant qu’on y est. Deux années pour le prix de même pas une à ajouter à mon tableau du temps perdu. Temps perdu… j’ai tant perdu à essayer d’être quelqu’un de bien. Alors qu’en réalité, je ne le suis pas. J’ai pourtant tout tenté. La tempérance, la diplomatie, faire office de tampon encreur à ta grosse machine à écrire… En vain. En vérité, je suis la peste noire et virulente. Ça me transpire par tous les pores. Une bactérie mangeuse de chair, voilà ce que je suis. Une bactérie dont l’insatiable appétit ne pense qu’à te dévorer la moelle osseuse en un éclair.

J’y peux rien, je suis comme ça. J’ai fait des efforts, j’te jure. Des cures pseudo-salvatrice « Viens boire ton urine avec moi… »  Vil gourou des ténèbres, vas.. , j’ai tenté les psy, l’alcool, la drogue, le sexe, le chocolat… mais rien n’y fait. C’est irrémédiable. Est ce que je suis damnée? Probablement. Je parle toute seule, bave la nuit et déambule toujours en tortillant du croupion parce que j’ai des chansons nazes coincée dans la tête.  Bon, ça encore, c’est pas grave. Ou pas pire, du moins. Ce qui l’est en revanche, c’est que je me sois auto-pervertie à la gentillesse fut un temps. Ce qui n’a absolument pas abouti, d’ailleurs. Sinon, je t’écrirais avec des p’tits coeurs partout ❤ un peu ❤ ❤ comme ça, quoi ❤ ❤ ❤ en te parlant des papillons qui virevoltent dans ma tête dès que je pense à toi ❤ ❤ …

Mais même ça, j’en suis incapable. Impotente des sentiments, je réfute, nie et recrache toute parole intègre et tolérante que je me suis forcée à me faire boire moi même -petite maso que je suis- durant cet écart de conduite.

Je ne suis pas intègre. Je suis le fruit d’une probité falsifiée, camouflée, étouffée. Je suis la fourberie à l’état pure. Je suis une chienne. Née pour mordre la vie aussi fort qu’elle m’a dévoré le coeur le jour ou il aurait dû commencer à battre. Depuis, j’erre dans les méandres ensanglantés de cette vie obstruée et savamment enduite d’hémoglobine projetée contre les parois pour l’épaissir encore un peu plus. Intouchable. Je ne suis qu’un démon dément qui aime uniquement dans l’extrême. Border-line constant, outrancier personnage, appelle moi comme tu voudras, ce soir j’ai la haine.

Ce soir je m’éveille pour tuer de nouveau. Moi qui dormais si paisiblement, qu’as tu fais là, malheureux? Pute satanique à la lame assassine, terminé la douceur. Place à la braise. Adieu Tolérance. Adieu, sale bribe d’humanité qui me collait aux basques depuis quelques temps. Faites donc place, vous autres bons sentiments. Et toi, salope de bienséance, casse toi. Cassez-vous tous!

Faites place et laissez revenir dans cette ronde endémique tout ce qui faisait de moi  l’être abjecte qui s’est perdu dans ses propres oubliettes. Rassure toi immonde moi,  je ne t’ai pas oublié. Comme je ne t’ai pas oublié, tu sais… Pensant te préserver, je t’ai seulement égaré. Pardonne moi. Allé, viens. Fais moi plaisir, et reviens. Déchire cette putain d’âme, réappropries toi ces répugnantes catacombes, fais en de nouveau l’antre de ta folie et sois en Reine. Reine du rien, mais Reine du tiens. Ebaudis tes convives, ils ne viendront pas sans attrait. Crie à la vicissitude, ton amie. Prie à l’instabilité, soeur cachée. Joins-y la passion, amour déchu. Saoule toi de l’hydromel de l’extase. Exalte tes fantasmes. Sublime la jouissance. Entiche toi de la fureur, fais toi violence. Et fais moi vivre.

Fais moi vivre, Ô toi mon moi, comme si on allait me trancher la tête ce soir. Fais moi exploser l’adrénaline. Si je pouvais rien qu’une dernière fois vivre à m’en sortir les viscères, je le ferais sans hésitation. Si je pouvais plonger du haut de cette tour sans fin, je le ferais sans une once de réflexion. Et si je pouvais arrêter de mettre des SI partout, je ne le ferais pas. Affabulation sans morale, l’illusoire est ma nature. Le chimérique mon tempérament. Je suis instable. Aussi instable que du C-4. Je rêve d’exploser en place publique pour finir en beauté.

Car ce soir j’ai la haine. Ce soir, je ne suis plus cette Elle. Celle que tu crois. Je ne suis que moi. Ce que j’ai toujours été. Folle à lier. Et dans la liesse. Mortel parmi tant d’autres. Faillible et partial. Pragmatique, parfois trop et pourtant si lunaire à la fois.

Ce soir j’ai la haine. La haine d’être hors de moi. Et d’être moi à la fois.