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Et voilà, j’y suis enfin arrivée.
Pour la première fois de ma vie, j’aurai réussi à boycotter:

ET Noël
ET le jour de l’An.

Pas peu fière sur ce coup là, j’avoue. Passer entre les mailles du filet s’avère hautement complexe. Toutes ces invitations en veux-tu-pas en voilà-quand-même… Bref, pour me féliciter de cette irrémédiable décision, ce soir, je mange de la terrine au piment d’espelette. Oui bon, ok. T’en a  rien à braire de mes histoires de pâté. Non mais je t’explique, ça fait un bail que j’ai arrêté ces saletés. Oui, je parle du pâté, là… Mais bon, exceptionnellement… et puis c’est du bon celui là, du bio roulé sous les aisselles de mémé et tout… Le top of the top, en somme. Fallait bien ça pour fêter ma victoire. Bonne bouteille de vin à l’appui, bon pain, bonne terrine donc et bons… … ??…  (`_´)ゞ  … Mais où t’est-ce qu’y sont-ils passés?…..

                                                                               ….. 。・°°・(>_<)・°°・。……
Et merde.
J’savais bien que j’oubliais un truc en faisant les courses. Les cornichons.. J’ai ou-bli-é les cornichons, Damned. Les cornards, la cerise sur le chapeau, le pompon sur le gâteau, bref. Misère de misère, saltimbanque hérétique, vas! Comment t’as pu te faire ça? Non mais je rêve, tu viens de foutre ta soirée en l’air, bougre de bougriture!!
Hé, hooOO… là, du calme. On arrête de se shampouiner la cervelle deux secondes. Ça va, c’est pas la mort non plus. Pense à tous ces gens qui ont été obligé de:

– se fader la  famille, belle famille, enfants de Navarre, amis dépressifs et/ou relous comprenant: copain exubérant même pas drôle, grue à talons aiguilles et rire fabriqué par des chinois, chien crade sur le tapis en coco tout neuf, musique de merde ou TV en fond sonore… Vas-y, fais toi plaise et complète la liste. C’est le moment ou jamais de te défouler.

– passer sur la roue des supplices, option repas intempestifs, interminables et indigestes. Et pour les encore moins chanceux, les damnés de la cuisine: la préparation du dit repas et tout le stress de série . Dis moi petit cuistot, alors c’est bon? T’as pris ta dose pour l’année, là? Ça y est, tu t’es bien juré tes grands Dieux (que tu peux laisser là où ils sont, les dérange pas pour moi) que l’année prochaine, ce sera plus toi? Arrf.. Fais moi rire. De toutes façons, ça se passe toujours comme ça, c’est d’un prévisible ennuyeux…
– « Mais pourquoi tu trembles chérie? »
– « Le pain!! oON A OUBLIE LE PAIN, Georges!!!!!!!… RRhhaaaaaa… *TAUX DE PRESSION OPTIMALE* … Vas y, prends un couteau et tranche moi la gorge, Georges! Plus jamais, tu m’entends?! Plus jamais je m’occupe du repas! »

Que tu dis. Puisque one year later:
– « Mais pourquoi tu trembles chérie? »
-« Les serviettes!! oON A OUBLIE LES SERVIETTES, Georges!!!!!!!… RRhhaaaa…… »
La suite, tu la connais.

– supporter Tonton Louis le facho, qu’on lui aurait bien mis notre poing dans sa grosse face d’arien, mais que finalement on dira rien parce que c’est les fêtes et qu’il ne faut en aucun cas jouer le justicier au risque de gâcher ces précieux instants de bonheur suprême. Et puis d’abord, on est lâche tolérant, nous. Quelle belle échappatoire, ça, « la tolérance ». Tiens, t’en veux un sujet de débat pour tes prochaines fêtes? En voilà un tout cuit : faut-il être tolérant? Faut-il passer au dessus de ces principes, passer au dessus à s’en avaler la langue, les amygdales et tout ce qui traîne quand on te sort -et avec le sourire, steuplé- : « qu’il faudrait mieux brûler tous ces étrangers qui nous piquent nos alloc », « que les clodos qui font la manche sont des faignants de première catégorie qui ne méritent rien de plus que leurs puces » et que « l’avortement est un crime divin, bénis sois-tu Saigneur » tandis que « l’excision est une excellente chose pour toutes ces putes du Tiers-Monde » ? (Ha! tu bouillonnes là, hein? Si, si, je le sens bien…) Alors, faut-il accepter des propos et/ou agissements de la part des autres qui vont à l’encontre de nos principes sous couvert d’être tolérant? allé, vas y, dis moi? Rendu des copies dans 2 heures.

–  Payer à crédit, en faire, se prostiputer, mettre la baraque en hypothèque, vendre un rein, le chien, le gamin, le prostiputer lui aussi, faire un casse, diler du crack, en fumer un peu au passage et pas être sage… Bref, tout et n’importe quoi pourvu que t’arrives pas les mains vides le jour J -non, mais ça se fait pas, c’est tout- et que tu puisses faire pleins de cadeaux inutiles aux personnes qui, en toute logique, n’aimeront pas ce que tu t’es fais chier à leur trouver de toutes manières. Comme tu n’aimeras pas ce qu’ils t’ont offert. Ouf… Heureusement que tu peux les revendre ces saloperies hein..? Quoi? Kessia? T’aimes pas le joli vase en porcelaine avec des petits canards dessus et les petites fleurs -en plastique- qui vont avec? Ben quoi? C’est Noël, on fait des cadeaux. On a pas dit des cadeaux -biens-.  Allé, sois pas bougon et vas quand même remercier l’autre tâche pour son geste. Et ses goûts de 1742. Et puis vas poser ton vase, là, sur la table du salon que tout le monde le voit bien. Voiiilà, c’est ça.

– finir dessécher à force de se bavouiller mutuellement dessus et aphone, faute de gueuler aux quatre vents -plus ceux que tu prends dans la mouille- « Bonne année, bonne santé », « Meilleurs voeux » et toutes les niaiseries à venir. Un peu d’innovation mordiable! Tellement académique, si artificiel, prémédité, circonscrit (et puis bien chrétien, aussi) de se balanstiquer des « je vous la souhaite bien bonne » à la pelle. Même quand t’aurais bien eu envie d’y lâcher un  » Que le cul te pèle, vil mécréant » à la place (oui, si tu l’aimes pas, tu l’aimes pas hein..). Politiquement incorrect, c’est certain. Mais laissons donc la politique à ceux qui sont payés pour. Même si ça ne se voit pas toujours.

….

Hum.. Hum… La liste est longue comme le bras du Père Coca Noël. Passons donc le reste sous silence -ça me changera- et revenons-en un peu à nos histoire de cornichons.

Le problème avec les choses addictives comme les condiments ou bien de fêtes de fin d’année, c’est que ça dénature pas mal le goût. Ce qui n’a plus aucun sens puisqu’à l’origine, il s’agissait seulement (=>pour les incroyants. Les autres, j’en parle même pas ou ça va prendre trois pages de plus… Déjà que j’me contiens) d’égayer ce quotidien  morose en y apportant un petit plus. Mais ce petit plus c’est bien trop vite transformé en Bonus-Champignon-Super-Mario-Bross-puissance-4 que si tu l’as pas, tu peux pas finir le jeu. Dans ton cul.
L’être humain est décidément un sale petit goret. Goinfre de bas étage, se rassembler tout simplement autour des personnes qu’on aime, c’était pas suffisant. Il en fallait plus. Le résultat? Un consensus tout aussi foireux que pernicieux, dont l’idée majoritaire se résume dorénavant à bien connaître la conjugaison du verbe « acheter ».
Et qui c’est qui a décidé de détraquer la machine à bonheur en transformant ces instants de convivialité en une énorme bombe à paillettes qui m’aveugle tellement les yeux que j’ai failli crier à l’attentat? Et bah oui, c’est toi. Et ton « pouvoir d’achat ». C’est vous, Ce sont eux. Ça aurait même pu être moi.  Mais en ce qui me concerne et malgré mes nombreux travers, je suis partie visiter la lune il y a déjà de cela fort longtemps sans jamais être vraiment redescendue. Depuis, je passe le plus clair de mon temps dans le flou de mon labo lunaire à rêver d’utopies, tout en sachant que c’est parfaitement illusoire. Et ça me fout le cafard.

Ça me fout le cafard de croire qu’il n’est désormais plus possible de passer de bons moments autour d’un grand et simple plat de on-s’en-fout-de-c’qu’y’a-dedans (spécialité locale) tout en jouant à des jeux de société et pourquoi pas, refaire encore une fois le Monde avec toi mon ami. Même si on aura tout oublié demain tellement on été torché.

Ça me fout le cafard de constater à quel point le monde est bien apprivoisé d’attendre le moment des fêtes pour se convier mutuellement les uns chez les autres. Et de se laisser crever le reste de l’année.

Ça me fout le cafard se savoir qu’en règle général, c’est la majorité qui l’emporte. Putain de majorité…

Ça me fout le cafard d’avoir le cafard. A la place de ma terrine, j’aurai du acheter du chocolat pour me neurotransmettre du bonheur à grand coup d’endorphine. Mais ça me fout le cafard de penser à devoir en arriver là.

Ça me fout le cafard de me dire que tu ne comprendras surement pas ces lignes parce que t’es trop occupé à resserrer tes oeillères pour pas regarder le Monde qui s’écroule. Aussi, laisse moi quand même te rappeler que c’est justement parce que tu te voiles la face un peu plus chaque jour que le Monde se casse la gueule. Ce Monde, ton Monde que tu contribues à défoncer avec ta Visa-Gold-Master-Loose en ne réfléchissant pas un seul instant à ce que tu fais avec. Ni à pourquoi tu le fais.

Alors, vas-y. Prends du courage en barre et pose-toi la cette putain de question. Qu’est ce que tu veux faire avec toutes ces fêtes? Camoufler, agrémenter, pimenter, Bref.. Traficoter la banalité?
Mouaif… Fais gaffe quand même. Parce que c’est comme les cornichons. A force d’en mettre partout, on ne sait plus vraiment le goût que ça a en dessous.

….

Demain, 1er Janvier 2013, on aura dépassé toutes ces conneries. Et l’insipide train-train quotidien de la vie reprendra.
Tant mieux. Ce retour à la normal attendu avec une certaine avidité me fera sans doute enfin passer cette exécrable humeur qui, chaque fin d’année,  me gagne un peu plus.

Sans doute… Mais j’en doute.

C’est pas compliqué. Prends un facteur X et mélange le à une situation Y. Situation à l’origine bien établie, hyper coordonnée, réglée comme du papier à musique… Bref, Total Perfect, quoi.  Secoue, secoue ta bouteille pleine de bulles comme un ado dans un supermarché eeeeeeeeeeeeet … !! PSSHHIITT !! Ouvre là.

Devine ce qu’il en sort?

Inexorablement, rien de bon. Du gaz, du gaz à profusion jusque là lentement accumulé et qui en un instant, s’échappe à t’en faire péter la soupape. Champignon atomique, c’est pourtant pas faute d’avoir essayé de le retenir ce pétillant, mais il a tout de même fini par s’éventer. Obligé. Résultat: le Coca sans bulle, c’est dégueu. Et moi, j’en ai léger marre de me sentir forcée en l’avalant quand même, sous couvert que c’est bon pour me stopper cette saleté d’indigestion permanente. Parce que tu sais quoi? Non seulement c’est faux, ça stoppe rien du tout – QUE DALLE, même- mais en plus, tout le sucre ingurgité à en buter un diabétique me baigne les amygdales, me décoeure jusqu’aux tréfonds des tripes, et ce soir s’en est trop. Ce soir, je me les arrache, ces foutues tripes.

Ce soir, j’ai la gerbe. J’ai la gerbe et je pense bien qu’elle ne se passera pas avant un sacré moment. L’accumulation est une pilule bien difficile à avaler. Quoi qu’il en soit, c’est décidé. Je passerai le cap du nouvel an en tête à tête avec n’importe quel bon vieux DVD bien gore et une bonne bouteille de pinard. Décompresser de cette année pourrie, seule, sans personne à tuer, la seule chose dont j’ai envie.

Pourrie, oui. Parfaitement. Et puis tiens, 2011 aussi tant qu’on y est. Deux années pour le prix de même pas une à ajouter à mon tableau du temps perdu. Temps perdu… j’ai tant perdu à essayer d’être quelqu’un de bien. Alors qu’en réalité, je ne le suis pas. J’ai pourtant tout tenté. La tempérance, la diplomatie, faire office de tampon encreur à ta grosse machine à écrire… En vain. En vérité, je suis la peste noire et virulente. Ça me transpire par tous les pores. Une bactérie mangeuse de chair, voilà ce que je suis. Une bactérie dont l’insatiable appétit ne pense qu’à te dévorer la moelle osseuse en un éclair.

J’y peux rien, je suis comme ça. J’ai fait des efforts, j’te jure. Des cures pseudo-salvatrice « Viens boire ton urine avec moi… »  Vil gourou des ténèbres, vas.. , j’ai tenté les psy, l’alcool, la drogue, le sexe, le chocolat… mais rien n’y fait. C’est irrémédiable. Est ce que je suis damnée? Probablement. Je parle toute seule, bave la nuit et déambule toujours en tortillant du croupion parce que j’ai des chansons nazes coincée dans la tête.  Bon, ça encore, c’est pas grave. Ou pas pire, du moins. Ce qui l’est en revanche, c’est que je me sois auto-pervertie à la gentillesse fut un temps. Ce qui n’a absolument pas abouti, d’ailleurs. Sinon, je t’écrirais avec des p’tits coeurs partout ❤ un peu ❤ ❤ comme ça, quoi ❤ ❤ ❤ en te parlant des papillons qui virevoltent dans ma tête dès que je pense à toi ❤ ❤ …

Mais même ça, j’en suis incapable. Impotente des sentiments, je réfute, nie et recrache toute parole intègre et tolérante que je me suis forcée à me faire boire moi même -petite maso que je suis- durant cet écart de conduite.

Je ne suis pas intègre. Je suis le fruit d’une probité falsifiée, camouflée, étouffée. Je suis la fourberie à l’état pure. Je suis une chienne. Née pour mordre la vie aussi fort qu’elle m’a dévoré le coeur le jour ou il aurait dû commencer à battre. Depuis, j’erre dans les méandres ensanglantés de cette vie obstruée et savamment enduite d’hémoglobine projetée contre les parois pour l’épaissir encore un peu plus. Intouchable. Je ne suis qu’un démon dément qui aime uniquement dans l’extrême. Border-line constant, outrancier personnage, appelle moi comme tu voudras, ce soir j’ai la haine.

Ce soir je m’éveille pour tuer de nouveau. Moi qui dormais si paisiblement, qu’as tu fais là, malheureux? Pute satanique à la lame assassine, terminé la douceur. Place à la braise. Adieu Tolérance. Adieu, sale bribe d’humanité qui me collait aux basques depuis quelques temps. Faites donc place, vous autres bons sentiments. Et toi, salope de bienséance, casse toi. Cassez-vous tous!

Faites place et laissez revenir dans cette ronde endémique tout ce qui faisait de moi  l’être abjecte qui s’est perdu dans ses propres oubliettes. Rassure toi immonde moi,  je ne t’ai pas oublié. Comme je ne t’ai pas oublié, tu sais… Pensant te préserver, je t’ai seulement égaré. Pardonne moi. Allé, viens. Fais moi plaisir, et reviens. Déchire cette putain d’âme, réappropries toi ces répugnantes catacombes, fais en de nouveau l’antre de ta folie et sois en Reine. Reine du rien, mais Reine du tiens. Ebaudis tes convives, ils ne viendront pas sans attrait. Crie à la vicissitude, ton amie. Prie à l’instabilité, soeur cachée. Joins-y la passion, amour déchu. Saoule toi de l’hydromel de l’extase. Exalte tes fantasmes. Sublime la jouissance. Entiche toi de la fureur, fais toi violence. Et fais moi vivre.

Fais moi vivre, Ô toi mon moi, comme si on allait me trancher la tête ce soir. Fais moi exploser l’adrénaline. Si je pouvais rien qu’une dernière fois vivre à m’en sortir les viscères, je le ferais sans hésitation. Si je pouvais plonger du haut de cette tour sans fin, je le ferais sans une once de réflexion. Et si je pouvais arrêter de mettre des SI partout, je ne le ferais pas. Affabulation sans morale, l’illusoire est ma nature. Le chimérique mon tempérament. Je suis instable. Aussi instable que du C-4. Je rêve d’exploser en place publique pour finir en beauté.

Car ce soir j’ai la haine. Ce soir, je ne suis plus cette Elle. Celle que tu crois. Je ne suis que moi. Ce que j’ai toujours été. Folle à lier. Et dans la liesse. Mortel parmi tant d’autres. Faillible et partial. Pragmatique, parfois trop et pourtant si lunaire à la fois.

Ce soir j’ai la haine. La haine d’être hors de moi. Et d’être moi à la fois.

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Très cher petit Pantin d’humain,

Voilà.

Si on se retrouvait pour fêter Noël, c’est ça que je t’offrirais.

Ce petit tract pour t’expliquer à quel point tes petits panards en bois marchent à côté de leurs godasses et que les grosses traces d’orteils bien crades que tu laisses sur mon joli tapis en coco me donne proprement l’envie de te faire bouffer les appendices ci-dessus mentionnés tout en t’étranglant gentiment avec tes ficelles.

Heureusement pour toi, je ne fête pas Noël.

Et je suis de bonne humeur.

Alors:

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Ne m’en veux pas, je t’aime quand même… surtout en salade avec des pignons de pins et des croûtons.

La force était avec nous hier. La preuve, on est encore (à peu près) tous là.

Et je dois dire que ça me contrarie un peu ct’affaire quand même, parce que j’avais volontairement omis de poster mon loyer pour tout claquer avant d’y passer.

Résultat:
j’suis fauché et en vie.
Week-end de merde.

Mais comme c’est Samedi et que c’est déjà une excellente raison en soi… bon en fait non, mais j’aime pas passer des plombes à me justifier inutilement.
Alors bref, c’est samedi.
Et le Samedi, c’est coucherie.

*EXIT*

Get up

Publié: 20/12/2012 dans Électrokocaïne
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Les Festivités étant (enfin) terminées -et nan… la galette des Rois, ça compte pas-, voici venu le temps de se relever de cette terrible année finit à genoux et sous le tonneau pour  foncer tout de go, le coeur en joie et le vent en poupe dans la nouvelle qui débute.

Attention tout de même à ne pas trop foncer tête baissée.
Prendre un mur ça peut faire mal.

Get Up – Chinese Man

Indi Groove – Chinese Man

 

…  je me casse toujours  la gueule à force de frétiller comme une truite dans la douche.

Bref, ceci est un conseil: Mesdames et Messieurs, ne procédez à cette écoute que si vous en êtes au rinçage.

Je suis mort. N’y voyez aucun inconvénient.
Je suis mort il y a déjà de cela quelques années. Disparu, envolé, cramé, asphyxié, the end. Dead, dead, dead et re-dead. C’est ainsi. C’est la vie.

Mais n’ayez pas peur. Je ne suis pas effrayé moi. Enfin, je ne le suis plus.
Parce qu’il faut savoir que le passage le plus délicat n’est pas celui de l’acte en lui-même. Le plus délicat, c’est d’adopter le postulat adéquat. Et de s’y tenir, vaille que vaille. Comme je suis un être complexe, j’ai choisi de me torturer un minima. Tant qu‘à faire, autant faire bien.
Mais ce n’est pas chose aisée, croyez-moi. Et il va sans dire que je ne recommande pas cette méthode. Ni aux fragiles, ni aux frêles. Encore moins aux précieux douillets. Trop peu n’y survivraient pas. La privation d’exister comme je l’ai choisi ne s’accorde qu‘aux plus vaillants déficients. Comme moi.

Bref, parlons plutôt de ma fin. J’étais un corps sain accouplé à un esprit qui croyait l’être. Jusqu’au jour ou nous nous sommes aperçu qu’en réalité, nous étions bien frappés. Autant l’un que l’autre. C’est d’ailleurs ainsi que de concert, et pour des raisons aussi diverses qu‘avariées, nous avons choisi de nous supprimer. Insidieusement, patiemment et proprement.
Pour cela, nous avons simplement cessé de nous sustenter. Plus aucune nourriture. Ni spirituelle, ni réelle. Rien. Terminé. Basta.
Placards vidés, cerveau grillé, nous avons basculé. C’est fou ce que ça va vite. Les habitudes que l’on perd. Les envies que l’on ne reconnait plus. Les sensations disparaissent et les neurones s’affaiblissent. Court circuit, passage obligé.
Plus je me ratatinai, plus mon ami l’esprit s’élevait en dehors de toute réalité. Si légers que nous étions! Et plus le temps passait, plus notre apparence nous abandonnait, notre existence se compromettant fortement. Nous ne formions plus qu’une ombre funeste de nous-même. Objectif atteint, y étions presque. Enfin la fin.

C’est arrivé une nuit dans notre sommeil. Mon ami l’esprit malade a rêvé. Rêvé à en crever. Si réel, si palpable, si intense… Dans ce rêve, allongés sur un lit, lui et moi ne formions plus qu’un. Plus qu’une pauvre femme dont la maigreur avait atteint depuis longtemps les limites de l’insoutenable. A l’agonie, nue sur son lit. Non loin, un miroir. Démentielle psyché aux reflets opaques, ternes et morts. Personne, rien ne filtrait plus à travers lui. Aucun renvoi. Rien de rien.
Jusqu’à ce que cette amoindrie se lève et s’approche enfin pour se voir. Décharnée, dépecée de toutes pièces, et salement mourante. Désossée comme un vulgaire morceau de viande, ses côtes tombant peu à peu. Horreur. Nausées. Et hurlements.
C’est là. C’est à ce moment précis que je me suis senti partir. Au moment où l’esprit n’a plus vu dans son cauchemar qu’un squelette aux lambeaux de peaux gisant de part en part de la pièce. Enfin, l’insoutenable prenait faim. J’ai cessé de battre, l’esprit a cessé de rêver. Dans un cri, dans un terrible cri nous sommes partis, déchirés à jamais.

C’était fini. Nous avions définitivement cessé d’être.
Mais chose étrange, alors que nous planions encore comme un seul et même spectre au-dessus de notre dépouille, celle-ci a bougé. Ouvert les yeux, hurlé à la mort et éclaté en un million de sanglots ruisselants.
Puis, s’est péniblement levée, a enfilé ses chaussons et s’est dirigée tant bien que mal vers l’entrée. Pris son manteau, claqué la porte et a descendu les étages quatre à quatre.

Saint Denis.
Il était 4h47 ce matin là. J‘ai mangé une chorba.

Aucune morale, seule la faim compte.